Opinion : le skate dans la ville…

Source FB de https://www.facebook.com/bertrand.devendeville

Les opinions il faut que ça sorte…

Sk8picardie immortalise à sa façon un discours sur la place du skateboard dans la ville (ici Amiens). Merci Bertrand ça fait du bien de te lire.

Le texte original

Saloperie de skateurs. Ils cassent tout, font du bruit, et sont responsables de la perte de sommeil et de santé mentale des amiénois du centre ville. En plus ils sont impolis et incivils, saaans blagues ? Meeeerde ?

Ben c’est pas faux. Et ça continuera. Comme les automobilistes sont responsables de la dégradation de notre air et de notre silence, comme les fêtards de St Leu sont responsables des traînées de pisses et des chants graveleux de 3h du matin. La liste est non exhaustive. On devrait interdire la pratique du skate, des voitures, des bars … Non j’déconne ! On ne va pas interdire tout ça ! Bon, juste le skate alors.

Je remet une couche au besoin : le skate est une culture, un déplacement propre, la réponse aux jeunes face à la goudronisation de leur lieu de vie. Tu ne veux pas de skate en bas de chez toi ? Plante des arbres et de la pelouse. Le skate est une évolution du citoyen (dans le sens humain vivant dans la cité). Et il connaît sa ville, ses SDF et ses badauds, ses étudiantes et ses flics, le fou du quartier et le buraliste du coin. Il décèle aussi chaque creux et bosses de son biotope. Pendant ce temps là, nous autres co-propriétaires ou co-locataires, nous ne connaissons que l’état de notre ascenseur ou de notre double vitrage.

Si le skate vous a pour une raison ou une autre agacé, au bout de vos doigts, ou dans le creux de votre langue, doit apparaître l’argument clef du « vivre ensemble ». Traduction politiquement correcte de « faites pas chier ». Cette constipation sociale excessive amène à une mortelle solitude. Ce fumeux « vivre ensemble » avec ses règles écrites de savoir vivre, ses arrêtés municipaux, ses associations de mécontents qui recherchent à tout prix le « vivre ensemble », pour mieux mourir tout seul. Novlangue, encore…
C’est fait, nous sommes ensemble, et l’on vit. 

Alors, allez voir les skateurs, apprenez ce qu’est un ollie, ou un grind. Et vous reconnaîtrez les bruits suivant les figures. Vous en apprécierez le son, vous n’en aurez plus peur. Vous conviendrez de la chance d’avoir ce spectacle en bas de chez vous. Il sera aussi plus simple de leur demander d’arrêter, s’il se fait tard. Après tout, vous avez déjà fait une place dans votre quotidien aux voitures bruyantes, aux sonos 110 volts qui crachent de la musique de Noël pendant un mois dans tout le centre ville, aux lumières des commerces qui jamais ne s’éteignent… Et vous n’êtes pas à l’abri qu’un jour, ce soit votre gosse qui ridera le trottoir…

Je préfèrerais toujours une ville avec des punks à chien à côté du bureau de tabac, des SDF qui t’alpaguent au carrefour, des circasssiens qui jonglent au feu rouge, des musiciens de rue, des badauds, des lécheurs de vitrines, des gosses qui risquent de péter la vitre avec leur ballon, des gars un peu saouls, des familles qui parlent fort en terrasse. Tout sauf un centre ville formaté franchisé nettoyé à la javel des soi disants défauts humains. Les skateurs en ville sont comme les truites dans les rivières : un signe de bonne qualité du milieu.
Ah, et puis ils serait temps qu’ils aient un Skatepark couvert aussi.

Posté sur FB le 12 août, 13:07 ici trouvé sur le FB de Manouche Skateboards